Situation du service de cardiologie : précisions institutionnelles

Jusqu’à présent, le CHU de la Guadeloupe (CHUG) s’est volontairement abstenu de toute communication sur les motifs et les circonstances ayant conduit au non-renouvellement puis au retrait de la chefferie du Dr Laurent LARIFLA.

Cette réserve répondait à une double exigence de responsabilité et de loyauté institutionnelle : préserver les chances d’un règlement apaisé et garantir la sérénité du dispositif de médiation engagé par le médiateur interrégional, sur proposition du Président du Conseil de surveillance.

Dans ce cadre, la Direction a choisi de ne pas s’exprimer publiquement afin de ne pas compromettre le dialogue, respecter la neutralité du processus et éviter toute influence sur le travail des médiateurs.

Cette attitude de retenue, conforme à l’éthique du service public hospitalier, traduisait la volonté de l’institution de privilégier la voie de la concertation et de la réconciliation professionnelle.

Or, malgré plusieurs relances et rappels des médiateurs, le Dr LARIFLA a confirmé par écrit son refus de participer au processus de médiation.

Ce refus met fin de facto à la démarche de conciliation, rendant désormais nécessaire et légitime une prise de parole institutionnelle destinée à :

  • Rétablir les faits face à la diffusion d’informations partielles ou inexactes ;
  • Préserver l’image et la crédibilité du service public hospitalier ;
  • Et informer, en toute transparence, les personnels et partenaires, dans le respect du cadre légal et déontologique.

Ainsi, la décision du CHUG de s’exprimer publiquement ne procède ni d’une volonté polémique ni d’une réaction à chaud, mais d’un impératif de clarté et de responsabilité, une fois épuisées les voies de médiation et de règlement amiable.

RAPPEL SUR LE CADRE JURIDIQUE DES CHEFFERIES

Le retrait ou la non-reconduction d’une chefferie de service1 est une procédure prévue par les textes (articles L.6146-1 et suivants du Code de la santé publique).

Elle constitue un acte de gestion normale dans la vie d’un établissement hospitalier et résulte d’un processus régulier d’évaluation et de concertation entre la Direction Générale, le Président de la CME et le Directoire.

Ce mécanisme, qui s’applique à l’ensemble des services de soins, vise à garantir le bon fonctionnement de l’hôpital, l’adaptation de ses organisations et la cohérence de son projet médical.

Il ne s’agit ni d’une sanction, ni d’un événement exceptionnel : il s’inscrit dans le cycle normal de gestion d’un établissement de santé.

CHRONOLOGIE DU RETRAIT DE CHEFFERIE DU DR LARIFLA
Cette décision repose sur des constats partagés par plusieurs instances, relatifs à :

  • Des difficultés de coordination et de coopération dans la conduite du service ;
  • Des tensions internes persistantes ;
  • Et des divergences de méthode dans la mise en œuvre des projets institutionnels.
  1. Nomination et renouvellements successifs
    • Juillet 2019 : renouvellement de la chefferie du Dr Laurent LARIFLA à compter du 1er septembre 2019 pour quatre ans.
    • Entre 2019 et 2024, plusieurs réunions ont été organisées pour aborder les questions d’organisation du service et la coordination territoriale de l’offre cardiologique.
    • Mai 2024 : décision conjointe DG/CME, sur avis du Directoire, de renouveler la chefferie pour la période du 1er septembre 2023 au 31 août 2024, soit pour une durée d’un an, assortie de recommandations organisationnelles.
    • Le Dr LARIFLA a contesté cette décision et saisi le Tribunal administratif de la Guadeloupe (requête en annulation et référé).
  2. Contentieux et première médiation
    • Août 2024 : rejet du référé pour absence d’urgence. Le Tribunal a proposé une médiation juridictionnelle, acceptée par les deux parties.
    • Novembre 2024 : nomination du Dr LARIFLA à titre provisoire pendant la durée de la médiation.
    • Le 2 décembre 2024, le Dr LARIFLA a mis fin unilatéralement à cette médiation alors que les discussions étaient encore en cours.
  3. Procédure de retrait de chefferie
    • Juin 2025 : décision conjointe DG/CME, sur avis du chef de pôle, d’engager la procédure de retrait de chefferie.
    • 11 juin 2025 : notification au praticien de la procédure et communication du dossier.
    • 8 juillet 2025 : consultation du dossier par le Dr LARIFLA.
    • 3 et 28 juillet 2025 : dépôt de ses observations écrites.
    • 31 juillet 2025 : décision conjointe DG/CME mettant fin aux fonctions de chef de service en cardiologie.

      Cette décision repose sur des constats partagés par plusieurs instances, relatifs à :
  • Des difficultés de coordination et de coopération dans la conduite du service ;
  • Des tensions internes persistantes ;
  • Et des divergences de méthode dans la mise en œuvre des projets institutionnels.
  • 26 août 2025 : notification générale de la décision.
  • 1er septembre 2025 : nomination par intérim du chef de pôle à la tête du service de cardiologie.
  • 18 septembre 2025 : recours gracieux du Dr LARIFLA.
  • 22 septembre 2025 : réponse du CHUG confirmant la légalité de la décision et rappelant le devoir de réserve.

4. Relance du processus de médiation (automne 2025)
Dans un esprit d’apaisement, le CHUG et l’ARS ont relancé, sur proposition d’un courrier en date du 10 octobre 2025 du Président du Conseil de surveillance (Monsieur Guy LOSBAR), une médiation confiée au Pr Dominique MIDY et à M. Pierre REINETTE, médiateurs agréés.

  • 20-21 octobre 2025 : les médiateurs confirment leur disponibilité et proposent d’intervenir à la mi-novembre. Le CHUG valide cette orientation et adresse la lettre de mission officielle.
  • 22 octobre 2025 : le Pr MIDY écrit au Dr LARIFLA pour lui rappeler les objectifs de la médiation : recréer un espace de confiance et de coopération, distinct du contentieux en cours, dans l’intérêt des patients.
  • 24 octobre 2025 : le Dr LARIFLA décline formellement la médiation, estimant qu’elle ne répond pas à son désaccord d’origine.

Malgré les relances des médiateurs, il confirme son refus, rendant impossible toute démarche de conciliation.

SYNTHÈSE ET POSITION DE L’INSTITUTION

La décision du CHUG s’inscrit strictement dans le cadre prévu par les textes. Elle résulte d’un processus collégial associant la Direction Générale, la CME et le Directoire, dans un souci de continuité du service et de qualité de la prise en charge des patients.

Le CHUG rappelle que les décisions relatives à l’organisation des services médicaux relèvent de la compétence du Directeur Général, sur avis du Président de la CME, conformément au Code de la santé publique.

En effet l’organisation interne d’un service de soins, ou les ajustements qui en découlent, ne devraient pas faire l’objet d’une médiatisation, dès lors qu’ils relèvent de la gouvernance hospitalière et du respect des procédures prévues par la réglementation.

De ce fait le CHUG réaffirme enfin son attachement au respect du débat contradictoire, à la liberté d’opinion de chacun et au devoir de réserve et de confraternité inhérent à toute fonction d’encadrement au sein du service public hospitalier (cf. serment d’Hippocrate).

LE CHUG, UN ENGAGEMENT CONSTANT POUR LA QUALITÉ DES SOINS

Le CHUG entend poursuivre son action dans un esprit d’apaisement, de transparence et de responsabilité, au service exclusif de la population et de la qualité des soins.
Les équipes médicales et paramédicales du service de cardiologie, pleinement mobilisées, continuent d’assurer la continuité et la sécurité des prises en charge.


MISSION D’UN CHEF DE SERVICE

Nommé pour une durée maximale de quatre ans, le chef de service est responsable de l’organisation, du fonctionnement et de la qualité des activités de son service dans un hôpital public. Il veille à la qualité, la sécurité, la continuité et l’efficience des prestations fournies. Dans un CHU, il participe également à la formation et à la recherche.

Cette fonction, prévue par le Code de la santé publique, s’exerce sous l’autorité du Directeur général de l’établissement et en lien étroit avec le Président de la Commission Médicale d’Établissement.

Elle comprend notamment :

  • La coordination des équipes médicales et paramédicales du service ;
  • L’organisation du parcours et des prises en charge des patients ;
  • La mise en œuvre des bonnes pratiques de qualité et de sécurité des soins ;
  • La contribution au projet médical de l’établissement et à sa déclinaison au sein du service.
  • La maîtrise des outils de gestion, de planification et de suivi qualité.
  • La connaissance des réglementations hospitalières et des normes d’hygiène.
  • Les capacités d’analyse, de décision et de management d’équipe.
  • Le leadership et sens de l’écoute.
  • L’esprit d’équipe et pédagogie.
  • La rigueur, sens de l’organisation et diplomatie.
  • La réactivité et capacité à gérer les priorités.

Les missions d’un chef de service :

  • Encadrer, animer et coordonner les équipes du service (personnel médical, soignant, technique ou logistique).
  • Veiller à la communication interne et à la cohésion d’équipe.
  • Organiser et piloter l’activité
  • Mettre en œuvre la démarche qualité
  • Proposer des actions correctives et des plans d’amélioration continue.
  • Élaborer le budget prévisionnel du service en lien avec la direction.
  • Optimiser les coûts et les performances du service.
  • Représenter le service au sein des instances
  • Travailler en lien avec les autres services hospitaliers
  • Participer à la mise en œuvre des projets institutionnels et à la stratégie du CHU.

Le chef de service exerce une autorité fonctionnelle sur les équipes du service, sans préjudice de l’indépendance de chaque praticien dans l’exercice de son art. Il s’agit d’une fonction de responsabilité collective et d’organisation, essentielle au bon fonctionnement hospitalier.

  1. Voir encart sur la définition d’un chef de service ↩︎
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