Dans un contexte international marqué par une situation de conflit exceptionnel au Moyen-Orient, les marchés mondiaux de l’énergie connaissent depuis quelques semaines une hausse généralisée.
La baisse et le blocage de la production au Moyen-Orient ont entraîné une dégradation rapide de la conjoncture énergétique mondiale, qui s’est traduite par une augmentation très significative des cours des produits pétroliers, affectant le monde entier.
Si la Guadeloupe a été provisoirement préservée de ces hausses par le système de fixation administrée des prix tout au long du mois de mars, cette situation se traduit mécaniquement en avril par une hausse de prix directement liée à l’évolution des cours internationaux des produits pétroliers et de la parité euro/dollar également défavorable.
Malgré ce contexte économique défavorable, la sécurité énergétique de la Guadeloupe est pleinement assurée. En effet, la raffinerie de la SARA et ses contrats d’approvisionnement permettent de répondre aux besoins du territoire.
Un mécanisme de fixation des prix qui dépend de l’évolution des cours mondiaux
Les prix en Guadeloupe sont administrés et évoluent chaque mois en fonction des cotations sur les marchés mondiaux et de la parité euro/dollar. Ce mécanisme permet de lisser les variations quotidiennes, tout en reflétant les tendances de fond, à la hausse comme à la baisse.
Concernant les carburants : les cotations internationales du brut WTI, du sans-plomb et du gazole raffinés sont en nette hausse, respectivement de 38%, 40 % et 59% au cours des quinze premiers jours de mars par rapport aux quinze premiers jours de février. Cette évolution entraîne mécaniquement une augmentation des prix à la pompe.
En Guadeloupe, cette hausse reste contenue pour le super sans plomb, plus forte en revanche sur le gazole. Les prix demeurent néanmoins inférieurs à ceux constatés actuellement dans l’hexagone.
Concernant le gaz : les cotations ont été moins impactées par le contexte international. Seule la dépréciation de l’euro face au dollar entraîne une augmentation modérée du prix de la bouteille de gaz.
Une attention constante est portée par les services de l’État afin que l’évolution des prix à la pompe reflète fidèlement celle des coûts de marché, dans le respect strict du cadre réglementaire.
Au 1er avril 2026, les prix maxima applicables en Guadeloupe seront les suivants :
| Prix maximum toutes taxes comprises | Evolution par rapport au mois précédent | Prix moyen dans l’hexagone | |
| Supercarburant sans plomb (en €/l) | 1,87 | 17cts/l | 2,01 |
| Gazole (en €/l) | 1,96 | 31 cts/l | 2,19 |
| Gaz de pétrole liquéfié (en €/bouteille de 12,5 kg) | 20,51 | 0, 46 € |
Un dispositif qui protège les consommateurs guadeloupéens
Le dispositif de régulation des prix en vigueur en Guadeloupe est exceptionnel et se fonde sur une logique de prix administrés, au bénéfice des consommateurs.
Comme dans les autres DOM, il déroge au principe général de liberté des prix, empêchant ainsi les acteurs économiques de fixer librement leurs marges et leurs prix de vente. Il protège efficacement les consommateurs guadeloupéens face aux fluctuations des marchés internationaux.
Contrairement à l’hexagone, l’État ne prélève pas en Guadeloupe de taxes sur les carburants (TVA, taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers TICP), ce qui contribue directement à limiter le niveau des prix pour les usagers guadeloupéens.
Dans le contexte actuel de forte tension, ce mécanisme réglementaire joue pleinement son rôle. Il permet notamment d’encadrer strictement les marges de la SARA, des grossistes et des distributeurs, qui resteront inchangées. Il permettra, dès que les tensions internationales s’atténueront et que les cours de l’énergie se stabiliseront, un retour à des niveaux de prix plus modérés.
Approvisionnement : une situation sécurisée
Il n’existe à ce stade aucun risque de pénurie de carburants en Guadeloupe.
Les approvisionnements sont assurés de manière continue et sécurisée grâce à un contrat annuel de fourniture en carburant passé par la SARA avant le déclenchement de la crise et garantissant l’approvisionnement au cours du marché.
Les flux logistiques permettent donc de répondre aux besoins courants du territoire.
Dans ce contexte, le préfet appelle à la responsabilité collective de la population pour éviter les phénomènes de sur-stockage, susceptibles à eux seuls de désorganiser les circuits d’approvisionnement et de générer des tensions artificielles dans la distribution.
Compte tenu de l’ampleur de la hausse attendue, le préfet a souhaité partager dès à présent aux acteurs guadeloupéens de façon exceptionnellement anticipée et transparente les déterminants qui conduisent à cette augmentation.
Le mécanisme actuel permet de garantir que l’augmentation se limitera à la réalité de la hausse des coûts des approvisionnements, et ne profitera ni à la SARA, ni aux grossistes ni aux détaillants, dont les marges resteront strictement encadrées à leur niveau actuel.
Enfin, les mesures d’accompagnement prises par le gouvernement pour les filières les plus touchées par la hausse des prix des carburants, le secteur de la pêche, de l’agriculture et des transports seront bien évidemment déployées sur le territoire, permettant un soutien à la trésorerie des entreprises :
- report des cotisations sociales, avec un délai de paiement sans frais ni majoration,
- étalement des échéances fiscales,
- mise en place des prêts de court terme exceptionnels par BPI France.
Comme lors de précédentes crises, un guichet unique sera ouvert afin de centraliser toutes les demandes des entreprises, simplifiant les démarches et offrant un examen unique par tous les services de l’État (DRFIP, CGSS, DEETS, BPI) pour un suivi individualisé.
Les services de l’État restent pleinement mobilisés pour suivre l’évolution de la situation internationale et ses impacts locaux, en lien étroit avec l’ensemble des acteurs concernés.



