Le « Fann Tchou » : le poison silencieux qui empêche les Antilles de décoller

🔺Il existe aux Antilles un mot que tout le monde connaît et qui, à lui seul, résume un malaise profond : le « fann tchou ».

🔺Ce n’est pas une loi. Ce n’est pas une fatalité. C’est une attitude. Celle qui consiste à regarder celui qui réussit avec méfiance plutôt qu’avec admiration. À chercher sa faille avant de reconnaître son mérite. À espérer son échec plutôt qu’à saluer son courage.

🔺Pourquoi certains préfèrent-ils voir un projet échouer plutôt que de reconnaître qu’il fonctionne ? Pourquoi une entreprise qui grandit, un média qui progresse, un artiste qui s’impose ou un entrepreneur qui crée des emplois deviennent-ils parfois davantage la cible de critiques que d’encouragements ?

🔺La réponse dérange. Parce qu’il est souvent plus facile de tirer quelqu’un vers le bas que de faire l’effort de s’élever soi-même.

🔺Le « fann tchou » ne construit rien. Il ne crée ni emplois, ni richesses, ni perspectives. Il consomme une énergie considérable dans les commérages, les jalousies, les campagnes de dénigrement et les attaques personnelles.

🔺Pendant que certains perdent leur temps à compter les succès des autres, d’autres avancent, innovent, investissent et prennent des risques.

🔺Le monde ne nous attend pas.

🔺Les Antilles affrontent déjà des défis immenses : le coût de la vie, les difficultés économiques, le chômage, les tensions sur l’eau, l’insécurité, la fuite de nombreux jeunes diplômés. Dans ce contexte, avons-nous vraiment le luxe d’ajouter à ces difficultés une guerre permanente contre ceux qui entreprennent ?

🔺La critique est indispensable dans une démocratie. Mais une critique argumentée n’a rien à voir avec le dénigrement systématique. L’exigence n’est pas l’envie. Le débat n’est pas la destruction.

🔺Ce qui freine un territoire, ce ne sont pas les femmes et les hommes qui prennent des initiatives. Ce sont les réflexes qui consistent à suspecter, à discréditer ou à décourager avant même d’avoir laissé une chance à un projet.

🔺Il est temps de changer de culture.

🔺Le succès d’un entrepreneur n’est pas une défaite pour les autres. La réussite d’un média n’est pas un problème pour la démocratie. Le développement d’une entreprise n’appauvrit pas le territoire : il peut, au contraire, créer de l’activité, de l’emploi et de nouvelles opportunités.

🔺Les Antilles n’ont pas besoin de plus de « fann tchou ». Elles ont besoin de plus d’ambition, de confiance et d’audace.

🔺Le véritable patriotisme économique commence peut-être par un geste simple : savoir applaudir la réussite lorsqu’elle est méritée, même lorsqu’elle est celle de son voisin.

🔺Car un peuple qui passe son temps à fragiliser ceux qui avancent finit par ralentir sa propre marche.

🔺Le « fann tchou » n’est pas une identité antillaise. C’est un comportement qui peut exister partout et que chacun a le pouvoir de refuser.

🔺Le jour où nous comprendrons que le succès des autres peut aussi devenir une force pour notre territoire, les Antilles auront franchi un cap décisif.

🔺Le progrès ne commence pas seulement dans les institutions ou les entreprises. Il commence dans les mentalités.

DANE MARTIAS
LePIGETV — L’information autrement.

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