Affaire Samuel DAMO : pourquoi le MEDEF et la CPME Guadeloupe restent-ils silencieux ?

Samuel DAMO, restaurateur et gérant du Yacht Club de Pointe-à-Pitre, affirme être menacé d’expulsion à la suite d’un différend avec le Grand Port maritime de la Guadeloupe. Son autorisation d’occupation du domaine portuaire est arrivée à échéance en 2024 et le dossier est désormais entre les mains de la justice. Une première décision serait attendue le 9 novembre 2026. Samuel DAMO affirme, de son côté, continuer à payer ses loyers. Le Grand Port considère qu’en l’absence de convention à jour, l’occupation du site n’est plus régulière.

Mais une autre question mérite d’être posée : où sont les organisations patronales ?

À ce jour, nous n’avons trouvé aucune prise de position publique officielle du MEDEF Guadeloupe ou de la CPME Guadeloupe en soutien à Samuel DAMO. Ce silence peut avoir plusieurs explications : elles considèrent peut-être qu’il s’agit d’un conflit contractuel individuel, elles attendent les décisions judiciaires, elles ne disposent pas de tous les éléments du dossier ou Samuel DAMO n’est peut-être tout simplement pas adhérent de ces organisations.

Mais leur silence interroge malgré tout.

Le rôle d’une organisation patronale ne devrait-il pas aussi être de défendre un entrepreneur lorsque son activité, ses emplois et plusieurs années d’investissement sont menacés ? Soutenir ne signifie pas affirmer que Samuel DAMO a juridiquement raison. Cela pourrait simplement consister à demander de la transparence, une médiation et une solution équilibrée avant toute expulsion.

Le MEDEF et la CPME savent prendre la parole lorsqu’il est question de fiscalité, de charges ou d’aides publiques. Pourquoi restent-ils aussi discrets lorsqu’un restaurateur guadeloupéen se retrouve face à un établissement public aussi puissant que le Grand Port maritime ?

Ont-ils étudié son dossier ? Ont-ils proposé une médiation ? Samuel DAMO les a-t-il sollicités ? Est-il adhérent ? Ou certaines entreprises mériteraient-elles davantage leur mobilisation que d’autres ?

Ne tirons aucune conclusion sans preuve. Mais dans une affaire aussi sensible, le silence est déjà une position.

LePIGETV pose donc publiquement la question au MEDEF et à la CPME Guadeloupe : pourquoi ne soutenez-vous pas officiellement Samuel DAMO, ou pourquoi n’expliquez-vous pas les raisons de votre réserve ?

Samuel DAMO devra répondre de ses obligations contractuelles. Le Grand Port devra également expliquer comment une situation connue depuis plusieurs années a pu se détériorer jusqu’à menacer la survie du Yacht Club. Quant aux organisations patronales, elles doivent dire clairement si leur solidarité s’adresse à tous les entrepreneurs — ou seulement à certains.

DANE MARTIAS – LePIGETV

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