Les présidents du conseil régional Ary Chalus et du conseil départemental Guy Losbar ont saisi le préfet Thierry Devimeux pour un rendez-vous ce jeudi 22 octobre 2026

Monsieur le Préfet,

Au regard de l’aggravation continue des tensions sociales qui secouent la Guadeloupe depuis le milieu du mois d’octobre 2026, et des exactions graves de ces derniers jours – notamment les nuits du 17 au 19 octobre à Pointe-à-Pitre, aux Abymes et dans d’autres secteurs, nous vous saisissons avec la plus grande détermination pour un rendez-vous le jeudi 22 octobre 2026 à 14 heures.

Les faits sont désormais établis et documentés : barrages persistants sur les axes majeurs (RN1, RN2 et autres), pillages et destructions de commerces, barricades enflammées, tirs d’armes à feu ayant blessé plusieurs fonctionnaires de police, jets d’acide, présence massive de mineurs. Ces actes, que nous condamnons avec la plus grande vigueur lorsqu’ils basculent dans la violence criminelle et la délinquance, ne sauraient toutefois être dissociés d’un contexte de colère sociale profonde, lié à la vie chère, aux prix des carburants, aux difficultés chroniques d’accès à l’eau potable et à la fragilité du tissu économique et entrepreneurial guadeloupéen.

L’État, dont vous êtes le représentant sur le territoire, a le devoir impérieux de rétablir l’ordre public tout en ouvrant des canaux de discussions responsables sur les revendications qui, pour légitimes qu’elles soient sur le fond (vie chère, eau, emploi, prix de l’énergie), relèvent pour la plupart de la compétence de l’État, et doivent s’exprimer dans le cadre de la légalité républicaine.

La responsabilité politique qui vous incombe est donc double : garantir la sécurité des personnes et des biens, et ouvrir des perspectives dans un dialogue permanent avec les exécutifs des collectivités territoriales de l’Archipel de la Guadeloupe, qui n’ont jamais cessé, dans le cadre de leur compétences respectives, de contribuer à la résolution des défis auxquels nous sommes confrontés.

Nous vous demandons en étroite concertation avec les Présidents des EPCI, les Parlementaires et le Président de l’association des Maires, et avec toute la force que requiert la gravité de la situation, de nous recevoir le jeudi 22 octobre 2026 à 14h00, afin d’examiner ensemble les voies d’une sortie de crise durable : mesures d’apaisement immédiat, réponses opérationnelles aux difficultés économiques et sociales, et restauration de la sérénité publique dans le respect de l’État de droit.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, à l’expression de notre considération et de notre détermination à contribuer, dans le strict respect de la légalité, de l’autonomie des collectivités territoriales, à la résolution de cette crise qui menace la cohésion de notre Archipel.

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