L’Office de Tourisme Intercommunal de la Riviera des Iles de Guadeloupe (OTI) traverse actuellement une période de fortes tensions internes. Soucieux d’accompagner la sortie de crise, et dans un esprit d’écoute et de responsabilité, la CARL et le Président Loïc TONTON ont échangé à plusieurs reprises avec certains agents de l’OTI et le Collectif de Défense Mobile (LCDM) qui défend les intérêts d’une lanceuse d’alerte.
Pour autant, aujourd’hui, le siège de la CARL et des bâtiments publics des communes membres se retrouvent pris en otage par le collectif. La CARL appelle de ses vœux le Comité de Direction de l’OTI et son Président Richard ALBERT à trouver rapidement une solution de sortie de crise.
Il convient de rappeler que la position du Président de la CARL après l’étude des différentes pièces à sa disposition est la suivante :
- Une cessation immédiate des blocages de lieux publics en cours au Gosier et à Sainte-Anne qui instaurent des pratiques peu propices à un dialogue apaisé ;
- La considération d’une suspension conservatoire de la lanceuse d’alerte et de la Directrice Générale dans le cadre de l’enquête, et dans le respect strict de la présomption d’innocence de chacune des parties;
- La mise en place d’un comité de direction d’urgence de l’OTI au plus vite afin de permettre à chacun de ses membres de s’exprimer sur la situation actuelle et d’être mis à un même niveau d’informations objectives. Cette demande officielle a été formulée auprès de Monsieur le Président de l ‘OTI et les membres du Comité de Direction en ont été informés.
En défmitive, la CARL n’a pas vocation à statuer administrativement dans cette affaire mais à veiller au bon fonctionnement de l ‘OTI. Qui plus est, la seule ambition collective est de retrouver un climat relationnel apaisé ainsi qu’une activité saine et réglementaire de cet EPIC, au service de la promotion touristique de notre territoire et de ses habitants.
Eléments de contexte
De la distinction entre l’ OTI et la CARL
La CARL et l’OTI sont deux entités publiques dont les personnalités morales sont bien distinctes. L’OTI est administré par un Comité de Direction (CODIR) composé de 12 membres: huit élus de la CARL et quatre socioprofessionnels du tourisme du territoire, disposant chacun d’une voix.
Créé en 2017 par délibération de la Communauté d’Agglomération de la Riviera du Levant (CARL), cet établissement public industriel et commercial (EPIC) constitue un acteur majeur de l’attractivité touristique du territoire. En tant qu’autorité de tutelle, la CARL reste particulièrement vigilante quant à son bon fonctionnement.
De graves dysfonctionnements de gestion au niveau de l’OTI
Néanmoins, l’article 19 des statuts de l’OTI rappelle d’ailleurs le pouvoir et la nécessité de contrôle du satellite par la CARL: « D’une manière générale, la Communauté d’Agglomération de la Riviera du Levant peut, à tout n1otnent, demander toutes justifications concernant l’accomplissement des obligations de l’OTI, effectuer toutes vérifications qu’elle juge opportunes, obtenir tout document comptable, statistique ou autre, et faire effectuer toutes vérifications qu’elle juge utile sans que le Comité de Direction ni le Directeur n’aient à s’y opposer ».
Malgré cette formulation claire, la CARL déplore que malgré les nombreuses demandes liées à la gestion administrative et financière de l’EPCI sur plusieurs exercices, force est de constater que la Direction de l’OTI refuse systématiquement la communication des éléments requis nous permettant d’exercer nos missions de contrôle de ce satellite.
Clarification sur la situation actuelle de blocage
Dès la fin du mois de juin 2025, la CARL a été interpellée en même temps que le Procureur de la République, de faits graves susceptibles d’engager la responsabilité pénale de la Directrice Générale de l’OTI, dans l’exercice de ses fonctions. Ces faits sont relatés dans une tribune de plusieurs agents dont nous sommes dépositaires. Suite à cette transmission d’information, et conformément à nos obligations, un signalement au Procureur de la République a été effectué par nos services le 24 juin 2025, au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale. Ce dernier stipule que « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur. ».
Dans ce contexte, la Directrice de l’OTI a récemment notifié à une lanceuse d’alerte un courrier de licenciement, alors même que celle-ci bénéficie du statut protecteur reconnu aux lanceurs d’alerte (garantie de confidentialité, interdiction de mesures discriminatoires ou disciplinaires, irresponsabilité pénale).
Ces agissements compromettent le fonctionnement de l ‘OTI et, par ricochet, affectent la promotion touristique de notre territoire. La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle alimente aujourd’hui des menaces de mobilisation et de blocage de la CARL, portées par le Collectif de Défense Mobile (LCDM), en soutien à la lanceuse d’alerte.
La CARL a en ce sens multiplié les démarches afin de trouver une issue constructive : courriers adressés à la Directrice de l ‘OTI, sollicitations de réunions de travail, propositions de révision de la convention d’objectifs et de moyens. Malheureusement, la communication étant quasi inexistante, aucune avancée significative n’a pu être obtenue.



